Laurent Fabius, invité de la Conférence Zéro [no]

« Il faut conserver l’esprit de Paris », a exhorté Laurent Fabius, ancien président de la COP21, lorsqu’il a fait le point sur les avancées de l’Accord de Paris durant la Conférence Zéro, le 23 novembre à Oslo.

Quasiment un an après l’adoption de l’Accord de Paris, Laurent Fabius est intervenu à la Conférence Zéro à Oslo pour présenter les prochaines étapes. M. Fabius présidait la 21e conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP21) qui s’est tenue à Paris en décembre 2015.

« Le processus de Paris est un incroyable succès en soi », a déclaré M. Fabius dans son discours à la conférence. Il a rappelé que 195 pays s’étaient engagés à réduire leurs émissions en signant le premier accord climatique universel de l’Histoire. « L’accord de Paris est universel, ambitieux, juste et aussi juridiquement contraignant que possible », a-t-il dit. Il a également remercié la Norvège pour ses efforts, qu’il estimait majeurs pour l’aboutissement de l’accord.

Le paradoxe post-Paris
Laurent Fabius a fait le constat que de grands progrès avaient été faits dans la lutte contre les changements climatiques, mais que la situation était toujours inquiétante. « C’est ce que j’appelle le paradoxe post-paris », a-t-il expliqué.

D’un côté, les énergies renouvelables deviennent de plus en plus compétitives, et les technologies évoluent rapidement. Les gouvernements du monde entier sont fermement décidés à agir, les réseaux de collectivités locales s’associent pour trouver de nouvelles solutions, l’industrie investit dans des emplois verts, et la société civile obtient de plus en plus de résultats aux quatre coins du monde.

Mais malgré cette évolution, de nouveaux records de température sont battus tous les ans, a déclaré M. Fabius. En même temps, les énergies fossiles continuent de représenter une part importante du mix énergétique mondial. « 82% de la consommation totale d’énergie est d’origine fossile aujourd’hui », a-t-il précisé. La planète se réchauffera de 1,5°C dès 2030, de de 2°C en 2050 si le monde n’agit pas immédiatement. « Le thermomètre vire au rouge foncé », a mis en garde M. Fabius.

Urgent d’accélérer le mouvement
« La COP22 qui a eu lieu à Marrakech en novembre s’est tenue dans une bonne ambiance générale », a dit M. Fabius. Une série d’initiatives ont été lancées à Marrakech pour concrétiser les règles mises en place à Paris. Il a souligné que deux autres accords internationaux majeurs avaient été adoptés en matière de climat en 2016. A Montréal en octobre, les dirigeants du monde entier se sont mis d’accord sur un accord-cadre visant à réduire les émissions de CO² dans le secteur aérien. En octobre également, un accord a été trouvé à Kigali sur la réduction de l’utilisation des puissants gaz HFC.

M. Fabius a souligné qu’il s’agissait de pas importants faits dans la bonne direction, mais qu’ils n’étaient pas suffisants pour endiguer les changements climatiques. « Nous devons faire encore davantage pour le financement, le développement technologique, l’adaptation climatique des pays pauvres », a constaté Laurent Fabius qui a affirmé par ailleurs que la lutte contre le charbon état l’une des clés. « Si l’on veut éviter une catastrophe globale, nous devons trouver des solutions alternatives rapidement ».

« Il faut accélérer. Agir n’est plus un choix, c’est un devoir », a dit Laurent Fabius avant d’encourager l’auditoire à « conserver l’esprit de Paris ».

publié le 02/12/2016

Haut de la page