La France en Norvège Ambassade de France à Oslo
fontsizeup fontsizedown

 français    norsk  
Accueil » Actualités » Actualité diplomatique

Réunion des chefs d’Etat ou de gouvernement de la zone euro

CONFÉRENCE DE PRESSE DE M. LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE


Bruxelles — Jeudi 27 octobre 2011


Mesdames et Messieurs,


A la suite d’une longue nuit de négociations, nous venons de terminer le sommet de la zone euro qui nous a permis, du moins nous le croyons, d’adopter les éléments d’une réponse globale, d’une réponse ambitieuse et d’une réponse crédible à la crise que traverse la zone euro.


Tout d’abord, nous avons trouvé une solution durable à la crise grecque. En échange d’engagements très forts, la Grèce bénéficiera donc d’un nouveau programme de 100 Mds d’euros, et nous nous sommes mis d’accord sur une participation du secteur privé permettant de ramener le ratio de la dette grecque sur sa richesse nationale à 120% de son PIB, à l’horizon de 2020. Je rappelle que le ratio de la dette de la Grèce est aujourd’hui à 165%. Ceci se fera par un accord volontaire avec les créanciers privés dont nous avons discuté les paramètres avec leurs représentants.


Ainsi, comme le demandait la France depuis le début, nous avons exclu la perspective d’un défaut de la Grèce. Mais les créanciers privés ont renoncé à la moitié de la dette qu’ils détiennent. Cela représente un effort de 100 Mds d’euros pour eux. Pour arriver à cet accord avec le secteur privé, les Etats de la zone euro sont prêts à mobiliser 30 Mds d’euros de fonds publics pour financer des garanties pour le secteur privé. Comme vous le voyez, cet accord va bien au-delà de l’accord prévu le 21 juillet et cet accord a reçu le soutien de toutes les institutions : le FMI, la BCE, la Commission.


Deuxième élément très important, le renforcement du Fonds européen de stabilité financière. Nous avons décidé de démultiplier l’utilisation des ressources du Fonds européen de stabilité financière. L’effet de levier permettra de multiplier par quatre ou cinq les ressources disponibles du Fonds. Donc, il y aura bien un effet de levier et nous estimons ce potentiel à quatre à cinq.


Par ailleurs, nous avons mandaté les institutions européennes pour engager des discussions afin de coopérer plus étroitement avec le FMI pour attirer de nouveaux financements.


Ces décisions constituent une avancée majeure pour mettre en place des pare-feu puissants pour éviter que la crise ne se propage à d’autres Etats membres de la zone euro et, au-delà, nous sommes convaincu que la BCE est déterminée à éviter les dysfonctionnements des marchés financiers et monétaires, comme l’a d’ailleurs dit, aujourd’hui, lui-même, Mario DRAGHI, le futur gouverneur, avec beaucoup de clarté.


Nous avons également mis en place un deuxième pare-feu en demandant aux banques européennes de renforcer leurs fonds propres. Elles devront valoriser au prix du marché les dettes souveraines et atteindre une cible de capital de 9% de fonds propres. Enfin, nous avons mis en place concrètement le gouvernement économique de la zone euro. Le Sommet de la zone euro se réunira au moins deux fois par an. L’ensemble des Etats de la zone euro devra adopter, d’ici la fin 2012, une règle d’or, de préférence au niveau constitutionnel. Et nous élirons un président de la zone euro. Voilà, Mesdames et Messieurs, ce sont des décisions extrêmement lourdes que personne aurait pu imaginer, il y a encore un an ou un an et demi. Et si je devais faire en quelques mots le bilan, la France, depuis le début, réclamait un gouvernement économique de la zone euro et indiquait que ce gouvernement économique devrait être constitué par la réunion des chefs d’Etat et de gouvernement. C’est ce qui a été décidé. Je vous rappelle que jusqu’à encore deux ans, jamais il n’y avait eu un sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de la zone euro.


La France réclamait l’intégration, la convergence des politiques économiques, budgétaires et fiscales. C’est ce que nous avons décidé. S’agissant de la Grèce, la France souhaitait éviter le drame qu’aurait représenté un défaut de la Grèce, quand on se souvient des conséquences de la faillite de Lehman Brothers. C’est ce qui est fait. Et enfin, la France souhaitait un Fonds européen avec un effet de levier. C’est ce que nous avons décidé également.


Et, par ailleurs, les déclarations de Mario DRAGHI, aujourd’hui même, enfin hier, à la veille du sommet montrent à quel point la BCE est derrière les initiatives qui ont été prises.


Je crois pouvoir dire que ce sont des décisions extrêmement importantes, prises à 17 pays. La complexité des dossiers, la nécessité de mettre d’accord tout le monde, fait que cela fût une longue nuit de négociations, mais je crois que le résultat sera accueilli avec soulagement par le monde entier qui attendait des décisions fortes de la part de la zone euro. Je crois que les décisions, nous les avons.


PDF - 141.7 ko
Déclaration du Sommet de la zone euro

Liens utiles

Facebook Twitter Google+ Foursquare Youtube Dailymotion Flickr RSS