Visite de Ségolène Royal au Svalbard (du 17 au 21 août 2016) [no]

Accompagnée de Jean-Louis Etienne, grand explorateur français connu pour ses expéditions en Arctique et en Antarctique, Ségolène Royal a passé quatre jours sur l’archipel norvégien du Svalbard. Découvrez l’entretien exclusif qu’elle a accordé à l’Ambassade de France en Norvège.

Quel était l’objectif de votre voyage en Arctique ?
Alors l’objectif, d’abord, était de découvrir une partie du monde que je ne connaissais pas, et sur laquelle se trouve une équipe de recherche française, l’Institut polaire français Paul-Emile Victor. J’étais accompagnée d’ailleurs de Jean-Louis Etienne, qui est un grand explorateur, le premier à traverser l’Arctique [en solitaire]. Et c’est dans l’Arctique que l’on peut observer le mieux les effets du réchauffement climatique, avec la fonte des glaciers, avec la hausse du niveau de la mer, l’acidification de l’océan, et en même temps les effets des pollutions qui sont déversées ailleurs dans la planète et qui convergent vers le Pôle Nord parce que le froid capte l’air pollué. Et c’est là aussi qu’on mesure l’impact de la pollution et que donc on peut tirer la sonnette d’alarme pour que ça change. Pour à la fois qu’on n’utilise plus les énergies fossiles qui provoquent le réchauffement climatique et qu’on cesse de polluer ou d’utiliser des produits chimiques.

Qu’est-ce qui vous a le plus surpris pendant votre séjour au Svalbard ?
La beauté. La beauté des paysages, la merveille des glaciers, les glaciers bleus, le caractère sauvage du site. La nuit, ou le jour plutôt qui n’en finit pas, puisqu’il n’y a pas de nuit actuellement. Et donc c’est une beauté qui est vraiment très reposante et qui est une vraie déconnexion. C’est quelque chose que je n’imaginais pas et que j’ai découvert, vraiment, avec une grande joie.

En tant que présidente de la COP21, comment assurer la réalisation des objectifs ambitieux de l’Accord de Paris ?
Alors d’abord il faut ratifier l’Accord de Paris. Ensuite il faut passer à l’action, ce qu’on appelle les coalitions, en particulier les énergies renouvelables, l’arrêt de la pollution de l’air, la coalition océan, la coalition sur le prix du carbone. Ce sont des choses très opérationnelles qui peuvent permettre de changer de modèle de développement.

Quel rôle attendez-vous de la Norvège dans la réussite de la lutte contre les changements climatiques ?
La Norvège a été très offensive, et on a eu la Norvège à nos côtés pour réussir l’Accord de Paris. Je l’ai d’ailleurs dit au Ministre des affaires étrangères [Børge Brende], que j’ai remercié. La Norvège adhère aussi à la coalition sur le prix du carbone. Tous les pays industrialisés n’ont pas fait ce choix, donc c’est très important que la Norvège coalise aussi autour d’elle. Et puis j’ai proposé aussi un centre commun de recherche sur l’Arctique, en unissant l’Institut polaire norvégien et l’Institut polaire français. Je crois que ce sont des éléments très importants de cette réussite. Nous allons prendre aussi une initiative sur l’Océan Arctique pour justement faire des propositions.

Interview réalisée par Cécile Aubert et Tove Rømo Grande

(Lire l’article en norvégien)

publié le 23/09/2016

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